Chère église,

Rejet, abandon, humiliation, trahison et injustice seraient, selon Lise Bourbeau, les cinq blessures fondamentales et profondes de l’être humain. Ces blessures expliqueraient certains de nos comportements tels que la fuite face à la réalité, la dépendance émotionnelle, la tendance à s’infliger des maux, le besoin de tout contrôler ou l’obsession pour le perfectionnisme. Nous pouvons aisément nous identifier à l’une ou plusieurs de ces cinq blessures et réactions qui en découlent. Cinq blessures qui nous empêcheraient d’être soi-même, en d’autres termes, d’être libres. La liberté, voilà une de nos grandes quêtes !

Nous voici à présent en plein cœur de Pâques, là où notre liberté a été acquise en la personne de Jésus sur la croix.

Trahis par le serpent d’Eden nous promettant monts et merveilles, humiliés par notre propre décision de tourner le dos à notre Créateur, rejetés de Dieu par cohérence envers lui-même et ses avertissements. Dès ce jour nous voici abandonnés, livrés à nous-mêmes. Depuis, quels autres comportements s’offraient à nous sinon la fuite, la dépendance, l’autopunition, le contrôle ou le perfectionnisme ? Quant à l’injustice, nous pouvons toujours accuser le tentateur, mais pouvions-nous espérer mieux de la part du diable personnifié ? D’ailleurs, que savons-nous au juste de l’injustice ? N’est-ce pas nous qui avons été dès l’origine injustes à l’égard de Celui qui nous a insufflé la vie, confié le plus beau des paradis terrestres, mis à nos côtés l’être complémentaire, avisés du plus grand des dangers, octroyé la liberté absolue ?! Comment l’avons-nous remercié sinon en le trahissant dès les premiers bourgeons de son chef d’œuvre, en le rejetant après avoir acquis son souffle de vie, en l’abandonnant à son jardin sans plus personne avec qui échanger et enfin, en l’humiliant par notre allégeance accordée au premier séducteur venu. Sérieusement, qui sommes-nous pour parler et même crier à l’injustice ?!

Comme si ce n’était pas suffisant, Jésus est trahi par Juda, rejeté par Pierre, abandonné par son Père céleste, humilié par les Romains, les religieux et le voyeurisme des passants, le voilà agonisant injustement sur deux poutres, tel un vulgaire criminel. Face au rejet il n’a pas fui, dans l’abandon il ne s’est accroché à personne, il ne s’est pas infligé ce martyr en réponse à l’humiliation (car c’est nous qui l’en avons affligé) ; en réaction à la trahison il n’a pas cherché à contrôler mais au contraire, il nous a fait confiance pour la poursuite de son mandat. Pour ce qui est du perfectionnisme, on ne peut pas dire que la croix soit la plus belle des vitrines publicitaires.

Sur le Mont Golgotha nous sommes aux antipodes du perfectionnisme et pourtant, Dieu le sait, nous sommes en présence de l’œuvre la plus parfaite en termes d’amour, de rachat, de restauration, de guérison et de liberté pour quiconque confesse et croit que JUSTICE a été injustement mais délibérément faite et assumée en la Personne de Jésus-Christ ! Sa résurrection est le sceau de Dieu validant le prix payé pour ta et ma liberté ! (Voir 1 Corinthiens 15.12-17)

Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Esaïe 53.4-5

JOYEUSES PÂQUES !

Ensemble au bénéfice de Christ,

Pst Phil